Derrière chaque envie de voyage, il y a parfois une réalité plus complexe pour les personnes en situation de handicap. Aujourd’hui encore, des millions de personnes, qu’elles aient un handicap visible ou non, rencontrent des obstacles qui les empêchent de vivre pleinement leurs envies d’évasion. Un escalier non signalé, une information absente, un accueil inadapté, un hébergement non conforme… autant de détails qui transforment un séjour en parcours du combattant. Moi-même concernée par le handicap, j’ai souvent été confrontée à des lieux mal pensés, à des réponses floues ou à un manque de considération. Et pourtant, j’aime profondément voyager, explorer, découvrir. À travers cet article, je veux mettre en lumière un sujet qui me tient à cœur : l’accessibilité dans le tourisme. Pas pour pointer du doigt, ni donner des leçons, mais pour partager un constat, ouvrir des pistes, valoriser les initiatives positives… et peut-être encourager un petit changement. Parce que voyager devrait être possible pour toutes et tous. 🇫🇷 La France face à ses engagements Le 11 février 2005, la France a adopté une loi ambitieuse posant les bases d’une société plus inclusive. L’objectif ? Garantir l’égalité des droits et l’accessibilité dans tous les aspects de la vie quotidienne, y compris les loisirs et le tourisme. Si l’on constate des progrès, notamment dans les grandes villes, l’accessibilité reste encore trop inégale, mal communiquée, voire absente dans de nombreux lieux touristiques. Les dérogations, les retards et le manque de suivi ou de contrôles ont freiné cet élan de transformation. Vingt ans plus tard, en 2025, cette promesse d’accessibilité reste largement inachevée. Ce qui devrait être un droit universel, durable et visible semble encore relégué au second plan, y compris après les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. 🥇 Des Jeux Olympiques et Paralympiques… sans héritage durable ? Paris a officiellement été désignée ville hôte le 13 septembre 2017 pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Une fenêtre de temps censée marquer un tournant en matière d’accessibilité et d’inclusion. La France n’a pas su transformer l’essai ni concrétiser ses engagements sur le long terme. L’événement portait la promesse d’un tournant historique, avec des infrastructures repensées, des efforts de sensibilisation, et l’ambition d’un héritage durable. Beaucoup espéraient que cet élan servirait de levier pour rendre nos villes, nos transports et nos lieux touristiques plus accessibles à tous. À Paris, seules 9 % des stations de métro sont accessibles aux personnes en fauteuil roulant Pendant les Jeux, des solutions temporaires ont été mises en place (accompagnateurs, navettes spécifiques, etc.)… mais la plupart ont disparu dès la fin de l’événement. Malgré les engagements affichés, aucun plan de suivi ni de généralisation de l’accessibilité des établissements touristiques n’a été lancé. Une fois la flamme éteinte, l’élan semble lui aussi s’être dissipé. L’accessibilité est redevenue un sujet secondaire, relégué à des discours sans suite. Dans les gares, les aéroports, les hôtels ou les lieux culturels, les obstacles restent encore beaucoup trop nombreux. 🌍 Un enjeu collectif et économique L’accessibilité ne concerne pas uniquement les personnes en fauteuil roulant. C’est un public bien plus large qu’on ne l’imagine : Plus d’un milliard de personnes dans le monde vivent avec un handicap (15 % de la population mondiale) En France, 12 millions de personnes sont concernées 80 % des handicaps sont invisibles Et si l’on inclut les seniors, les personnes malades ou temporairement en difficulté, ou encore les familles avec poussette… le chiffre grimpe. Ces voyageurs ont un impact économique direct : Ils privilégient les séjours plus longs Ils voyagent souvent en famille ou avec accompagnant Ils partagent leur expérience (forums, groupes, associations…) Leur nombre augmente avec le vieillissement de la population L’accessibilité ne profite pas qu’aux personnes handicapées. Une rampe, un ascenseur, une signalétique claire, un site web lisible… ce sont des améliorations utiles à tout le monde. Il faut sortir des préjugés : une accessibilité bien pensée bénéficie à tous. ➡️ Accessibilité = confort + durabilité + qualité d’accueil + marque de respect + inclusion sans exception Mais trop souvent, elle se limite à quelques aménagements symboliques. Une accessibilité cosmétique, pour cocher une case, plus que fonctionnelle. Et ça, ça ne suffit pas. ♿ Ce que je vis, ce que je vois Je suis directement concernée par ces questions. Je ne peux pas marcher longtemps, les longues distances m’épuisent, et j’utilise parfois un scooter PMR pour préserver mon énergie. Chaque sortie ou voyage demande donc plus de préparation. Je vérifie les trajets, les accès, les lieux, les infos pratiques… car je sais, par expérience, qu’une info floue ou absente peut gâcher un moment. Une rampe manquante, un ascenseur en panne, une salle de bain « accessible » mais inutilisable… Ce sont des petits détails, mais qui font toute la différence. Et malgré tout, ma situation reste plus confortable que celle de bien d’autres. Mais cette charge mentale existe. Elle s’ajoute au reste, et elle pèse. Et pourtant… je voyage. Parce que voyager, découvrir, explorer, c’est ce que j’aime profondément. C’est une façon de m’ouvrir au monde, de sortir de ma routine, de ressentir, de m’émerveiller. Et je refuse que l’accessibilité défaillante, voire inexistante, soit un frein à ça. C’est ce vécu, parfois frustrant, parfois enrichissant, que je partage pour montrer que voyager autrement, avec plus d’inclusivité et d’attention, ce n’est pas un rêve. C’est possible, et surtout, c’est nécessaire. 💡Des initiatives inspirantes… mais encore trop rares Heureusement, il y a aussi des efforts, des structures engagées, des professionnels à l’écoute. Des musées avec parcours PMR bien pensés et personnel formé. Des hébergements qui anticipent vraiment les besoins : douche de plain-pied, interrupteurs accessibles, cheminements simples… Des offices de tourisme qui testent leurs circuits avec des personnes concernées. Quand c’est bien fait, ça change tout. Mais ces bonnes pratiques restent encore trop isolées, pas généralisées. Et les labels ou pictogrammes censés rassurer ne garantissent pas toujours une accessibilité réelle. L’expérience dépend trop souvent de la bonne volonté individuelle. ✨ Ce que je veux transmettre À travers Just Be Curious et ma page Instagram, je partage mes voyages,